Politique Ouvrière dans l'État Canadien des Années 2000
Orientation Adoptée par le Congrès de New Socialist Group, Septembre 2000
Table of Contents
Introduction
La politique ouvrière concerne le combat contre l'exploitation,
l'aliénation et l'oppression où qu'elle soit dans la société capitaliste, et non seulement dans la
sphère " politique " officielle. Le pouvoir capitaliste revêt de nombreuses formes, mais il est
essentiellement concentré dans l'État. Il y a deux façons de le concevoir : l'État capitaliste a la
capacité de négocier entre les différents secteurs de la classe capitaliste et la légitimité avec
laquelle il est capable d'utiliser la violence organisée pour s'imposer.
I. The La Gauche Internationale
1.
-
En ce début d'un nouveau siècle, une majorité claire de la gauche
internationale ne croit plus à une alternative quelconque au capitalisme. Les partis
traditionnels de la social-démocratie ont fait sien ou au moins ont accepté le
néolibéralisme, comme la plupart de ce qui reste des partis staliniens (communistes). Ces partis acceptent
en général quand ils ne louangent pas la globalisation, les technologies de l'information et
l'impérialisme "démocratique".
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Comme l'intégration, commencée il y longtemps déjà- de ces
organisations dans la société capitaliste s'approfondit, elles perdent ce qui leur restait de leur
caractère de classe. Nombre de ces partis, créés par les travailleurs et organisationnellement
indépendant du monde des affaires et défendant des politiques réformistes sont sur le point de
devenir de simples machines politiques pour un ensemble de politiciens pro-capitalistes.
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Les partis ouvriers qui s'identifient avec le société d'une certaine
façon et qui soutiennent les luttes populaires alors qu'ils essayaient d'être élus dans des
gouvernements ont glissé vers la droite (voir, le Parti des travailleurs du Brésil) ou ont connu des
scissions de droite (comme le Parti de la refondation communiste). Tenter de gagner des élections ou
de former des gouvernements dans une période où il n'y a pas une large radicalisation
de la classe ouvrière renforce les pressions sur les partis réformistes de gauche à glisser
vers la droite et à s'identifier aux forces sociales démocratiques principales pour
augmenter leurs votes. En même temps, de nouvelles organisations comme le Scottish Socialist
Party nous donnent des indices d'espérer.
-
Le socialisme révolutionnaire est un petit courant socialement
marginal et qui a besoin de renouveau.
II. Les Signes d'Espoir
2.
Il y a des signes prometteurs dans la lutte contre les gouvernements
de droite, contre les employeurs agressifs et contre les institutions internationales du
capital. L'offensive de la classe dominante depuis la moitié des années 70 a fourni a beaucoup de gens un
grand nombre de raisons de se poser des questions et de riposter. Dans une petite mais
significative minorité, il y a un sentiment anticapitaliste, spécialement, - mais pas seulement-
dans la jeunesse. Pourquoi la jeunesse? Les jeunes sont généralement plus ouverts aux idées
nouvelles et radicales. L'exploitation et l'oppression n'ont pas encore découragé les jeunes.
Et, les jeunes sentent qu'ils subissent l'assaut néolibéral, et qu'ils ont raison de résister.
Et c'est là que nous pouvons entrevoir le potentiel pour la construction d'une nouvelle gauche.
Malheureusement la crise idéologique et organisationnelle de la gauche existante sont des
obstacles à la reconstruction de la gauche. L'héritage du féminisme et de la nouvelle gauche
contribuera à une politique antiautoritaire et anti-oppression parmi les jeunes radicaux.
III. Le Socialisme d'en Bas
3.
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À contre-courant, le socialisme d'en bas proclame que ce ne sont pas
seulement des réformes qui peuvent être gagnées mais que le capitalisme peut être
remplacé. Il y a de nombreux obstacles à une société autogérée et écologique dans laquelle
les besoins humains seraient une priorité, mais c'est notre conviction que c'est une
possibilité historique. C'est une nécessité si l'exploitation et l'oppression doivent être extirpées.
-
La domination du capital peut être remplacée par la démocratie
socialiste seulement par l'autoémancipation de la classe ouvrière par une révolution sociale. La
prise du pouvoir par les partis, par les forces armées ou par tout autre minorité ne peut
remplacer une révolution réalisée par les exploités et les opprimés eux-mêmes.
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Notre activité même dans les périodes non-révolutionnaires doit être
inspirée pour que ces fins deviennent possibles. Nous prenons seulement les moyens qui
renforcent les capacités des travailleurs/euses et des peuples opprimés à s'organiser, à se changer
eux-mêmes et à lutter pour leur libération.
IV. La Classe Ouvrière et le Changement Social
4.
-
La classe ouvrière doit être comprise dans un sens large, comme
comprenant ceux qui doivent travailler ou essayer de travailler pour des salaires, ceux qui
nourrissent, entretiennent et font le travail reproductif pour le salariés et leurs dépendants.
L'action ouvrière et l'organisation prennent différentes formes. Les luttes de classes se
manifestent dans les lieux de travail et dans les communautés.
-
Le sexisme, le racisme, l'hétérosexisme et l'oppression nationale
sont les sources des divisions matérielles et idéologiques qui traversent la classe.
Richesse, occupation, idéologie peuvent aussi être à la base de divisions significatives.
-
Les membres des groupes opprimés s'organisent de façon autonome parce que les
membres des groupes dominants perpétuent habituellement l'oppression et
ne sont pas des alliés fiables pour résister à cette oppression. Parfois, des
mouvements des opprimées traversent les lignes de classe, ce qui provoque des contradictions de
classe en leur sein. Nous tentons d'assurer que le mouvement soit en solidarité avec leurs
secteurs les plus opprimés.
5.
-
La classe ouvrière n'existe pas simplement comme une force
révolutionnaire potentielle en attente d'une direction correcte comme l'ont cru certains marxistes. La
capacité des travailleurs d'agir et d'analyser l'exploitation de classe et les
différentes formes d'oppression varie énormément.
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Une plus grande unité, une égalité, une autoorganisation et une
conscience de soi dans le lieu de travail et dans la communauté recomposent la classe ouvrière
dans un sens progressiste contre capital. La compétition, l'inégalité, les divisions, le manque
d'organisations indépendantes et démocratiques de classe, la bureaucratie et le travail
idéologique de la bourgeoisie poussent dans un sens opposé et décompose la classe.
-
Dans une approche globale, les défenseurs du socialisme d'en bas
doivent évaluer les mouvements, les partis et les autres organisations, les idéologies, les
stratégies et les tactiques pour savoir si oui ou non elles font avancer la recomposition de la
classe ouvrière.
V. Les Luttes dans l'État Canadien
6.
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Dans la deuxième moitié du 20è siècle, la classe ouvrière dans
l'État canadien n'a pas été autant décomposée que la classe ouvrière des États-Unis. Elle a encore
des organisations de masse indépendantes : des syndicats bureaucratisés qui regroupent
environ le tiers des travailleurs salariés et le Nouveau Parti Démocratique. Une panoplie
d'organisations de mouvements sociaux existe à une plus petite échelle.
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Les syndicats ont gagné une stabilité institutionnelle au milieu du
Xxe siècle mais au même moment ils sont devenus plus liés aux employeurs et à l'État (une
reconnaissance par les employeurs en échange pour les officiers syndicaux de garantir la paix
sociale durant les contrats et de respecter les droits de gérance.) Les unions sont
contradictoires : les travailleurs syndiqués peuvent les utiliser dans leur lutte mais la bureaucratie
syndicale impose des contrats et des lois contre la classe ouvrière et contre le capital. C'est
pourquoi les travailleurs ont besoin de pouvoir s'organiser eux-mêmes et d'agir indépendamment de la
direction bureaucratique. Cependant, il y habituellement peu d'auto-organisation
de la base dans les syndicats.
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Le CCF formé en 1933 a regroupé des fermiers, des travailleurs et des
courants politiques de la classe moyenne. Ceux qui dans le CCF comprenaient le socialisme
comme une création de la classe ouvrière ont été marginalisé. Le CCF a tiré un trait
d'égalité entre le socialisme et la planification par l'État existant dirigé par un gouvernement CCF. La
contribution du CCF au développement des capacités ouvrières a été limitée par cette
idéologie, par son rôle dans l'écrasement de l'aile gauche influencée par le Parti communiste dans
le mouvement syndical en croissance durant les années 40 et par un fédéralisme strict qui l'a
empêché de s'enraciner au Québec. Dans ses premières années, le CCF a au moins essayé de
gagner le monde à ces politiques et de mener un travail d'éducation. Au temps du lancement du
NPD en 1961, le fabianisme d'en bas a été remplacé par un keynésianisme timide. Plutôt
que d'essayer de changer les idées des gens, le NPD a accepté que la classe ouvrière
comme elle était et il a cherché à gagner des votes. Dans les années 90, le parti a adopté pour
une grande part le néolibéralisme et les gouvernements provinciaux du NPD l'ont mis en
pratique. La base du NPD parmi les militants syndicaux et communautaires s'est affaiblie
significativement.
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Alors qu'il n'y a plus de mouvements sociaux de masse, de nombreux de
petits groupes militants existent. La politique et l'apparition sociale des groupes
étudiants, antipauvreté, de locataires, d'environnementalistes, d'antiracistes, de féministes,
d'autochtones, de souverainistes québécois et d'autre groupes pour la justice sociale
varient énormément, mais beaucoup de leurs membres proviennent de la classe ouvrière. Ils se
basent généralement sur les communautés plutôt que sur les lieux de travail. Contrairement aux
syndicats, ils manquent généralement d'une base de masse. De plus, là où les directions
bureaucratiques existent, ces dernières sont plus faibles que la bureaucratie ouvrière.
Nous comprenons les combats contre le racisme, le sexisme, l'hétérosexisme et l'oppression
des exclus et des jeunes comme centrale à la lutte pour le socialisme. Nous avançons que les
mouvements doivent rester indépendants du grand capital et de l'État. Nous résistons aux
tentatives de professionnaliser les mouvements, ce qui conduit habituellement à déplacer les
opprimés comme leur propre agent de changement.
7.
-
La recomposition de la classe ouvrière au début de ce 21è siècle
demande des stratégies, des tactiques et des méthodes de lutte innovatrices. Cela signifie de
briser avec ceux qui sont retranchés dans leur cadre du boom de prospérité d'après-guerre, ce qui
est le cas des gens du NPD, de la plupart des syndicalistes et militant-e-s des groupe
communautaires.
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Renforcer la syndicalisation d'une classe ouvrière en changement est
vital, mais ce n'est pas assez. Les travailleurs ont besoin que leurs syndicats soient plus
militants et plus démocratiques et qu'ils pratiquent une plus grande solidarité avec les autres lieux
de travail et les luttes des communautés. Les centres de travailleurs et d'autres stratégies pour
l'autoorganisation des travailleurs non-syndiqués doivent être soutenues. Organiser les
militants ouvriers qui disent que la lutte nouvelle " démocratique et de classe " pour en faire de
nouvelles directions est un long travail. Des organisations indépendantes à la base dans les
syndicats n'apparaîtront pas rapidement. Renforcer la syndicalisation d'une classe ouvrière en changement est
vital, mais ce n'est pas assez. Les travailleurs ont besoin que leurs syndicats soient plus
militants et plus démocratiques et qu'ils pratiquent une plus grande solidarité avec les autres lieux
de travail et les luttes des communautés. Les centres de travailleurs et d'autres stratégies pour
l'autoorganisation des travailleurs non-syndiqués doivent être soutenues. Organiser les
militants ouvriers qui disent que la lutte nouvelle " démocratique et de classe " pour en faire de
nouvelles directions est un long travail. Des organisations indépendantes à la base dans les
syndicats n'apparaîtront pas rapidement.
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Le défi important pour les organisations des mouvements sociaux est
d'aller au-delà de la stratégie des lobby vers une militance plus importante et au même
moment de construire un membership plus actif, ayant des liens plus étroits avec les meilleures
forces dans les syndicats.
-
Pour offrir une véritable riposte, une contreculture ayant des
valeurs anticapitalistes doit être construite. Cela veut dire développer les moyens de communication avec
la classe ouvrière (journaux, radio), la vie sociale et l'expression artistique et
littéraire.
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Le NPD n'a pas fait avancer la recomposition de la classe ouvrière
depuis quelques années. Au mieux, il apparaît comme un parti basé sur les unions plutôt que le
grand capital et préserve des gens d'envisager le moindre mal des partis capitalistes dans la
défense de leurs intérêts (comme beaucoup aux Etats-Unis voient les Démocrates). Et, le NPD joue
un rôle défensif, faible et limité.
-
À cause de l'épuisement du NPD, la prochaine vague importante dans la
recomposition créera probablement une opportunité historique de lancer un nouveau
parti radical enraciné dans la couche la plus avancée de la classe ouvrière, à partir de
forces venant d'en dehors et du NPD. Il restera marqué par la période d'où il naît. À cause de la
crise de la gauche internationale et de la faiblesse de l'identification avec le
socialisme en Amérique nord, un tel parti tendra à s'identifier davantage comme anticapitaliste que comme
socialiste. Il ne sera certainement pas socialiste révolutionnaire, mais il aura une potentiel
réel de gagner un soutien au socialisme parmi ses membres. À l'intérieur de ce parti, il y aura
de nombreuses tendances, c-à-d. que les membres du parti auront le droit de s'organiser à
l'intérieur du parti sur la base de leurs idées. La plupart de ces idées seront centrées sur les luttes
dans les lieux de travail et dans les communautés et non seulement sur les élections; sa plus grande
contribution sera de recomposer la classe ouvrière.
-
Le caractère multinational de l'État canadien structure la politique
sur des questions cruciales. Jusqu'à ce que la gauche au Canada-anglais soutienne
l'autodétermination du Québec et des peuples autochtones, elle ne sera pas capable de se lier
à ses vis-à-vis au Québec et dans les Premières Nations. Il n'y a jamais eu un parti
ouvrier de masse au Québec, en partie parce que le nationalisme a lié les travailleurs à un
parti bourgeois nationaliste, le PQ. Il en résulté que les travailleurs québécois n'ont
pas connu l'expérience du NPD de la même manière que les travailleurs hors Québec. . Ils
envisagent la construction d'une nouvelle gauche selon des voies différentes. Jusqu'à ce que la
gauche non-autochtone à travers l'État canadien puisse prouver qu'elle peut être un allié sûr
de la lutte pour leur autodétermination, elle ne pourra construire des alliances avec les
autochtones radicaux et elle restera déliée des Premières nations.
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Une des plus grandes faiblesses politiques des récentes années des
militant-e-s de la gauche du NPD a été leur échec presque total à construire des groupes qui
défendrait une alternative politique de gauche compréhensible à l'intérieur et à l'extérieur du
NPD. C'est une des nombreuses raisons qui explique pourquoi il n'y a pas d'alternative de
gauche au NPD d'une taille significative. Un nouveau parti viable ne peut encore être
construit, mais les premiers pas peuvent être faits dans cette direction. La proposition " d'un
mouvement structuré " est une initiative prometteuse, que nous abordons dans cette perspective.
(Traduction : La Gauche)